Que dire de plus…
Les différents textes qui suivent sont le fruits de mes réflexions mais aussi de mes expériences.
Un artisan joaillier ne transforme pas un diamant blanc en diamant bleu. Il taille la pierre pour donner le meilleure d’elle. Pourquoi souhaitez-vous être bleu ?
L’affreux réel
Silence, ça montre
Exemple : Mme Oui
C’est simple
L’art de l’analyse
Cet affreux réel !
La pensée est comme la nature, elle s’engouffre dans la moindre brèche que vous laisserez. Votre personnalité ou votre mode de vie peut être lisse comme le béton. Il suffit d’une fissure pour que quelque chose en sorte. Il suffit d’un mot de votre manager, d’un geste de votre partenaire, d’un regard d’un inconnu pour que tout vacille. Car votre mental ne pourra jamais vous soustraire du réel, ne pourra jamais malgré toutes les stratégies permettre d’enrober l’incompressible du réel. Pourquoi cette réflexion me touche tant ? Pourquoi cet-te inconu-e dans la rue met autant le feu à mon imagination ?
Le réel est pour la pensée ce que le cœur est pour la raison.
Le mal-être prend aussi ses racines dans la volonté de croire que le mental est une chose qui se contrôle. Le plus grand mystère du cerveau est qu’il est impossible de vivre en lutte contre lui car il gagne toujours. C’est une collaboration qui permet de donner pleinement ce que nous sommes, de réussir ce que nous souhaitons et de comprendre pourquoi parfois il faut s’arrêter. Tel que le nouage qui permet d’être arrimé tout en étant assez mobile pour supporter certaine variation de tension. Le nœud casse, le nouage tient bon.
Notre société va nous demander d’arracher la fleur qui sort de la fissure en incriminant la qualité de l’asphalte. Qu’importe, une route sera toujours posée sur de la terre qui sera donc toujours source de vie. Soit vous réalisez une couche très épaisse et vivez ainsi ou vous acceptez que la route est posée sur la terre et qu’il ne sert à rien de faire sans, mais qu’il faut faire avec.
Silence, ça montre !
Le cerveau n'est pas si éloigné de cela.
Une structure relativement constante : un cerveau, des neurones, des synapses, des connexions, une organisation, une logique.
Et pourtant, à partir de là, une infinité de pensées.
Tout comme une montre arrêtée, le cerveau, même dans ses déséquilibres, continue de produire du sens.
Trois couleurs primaires font naître des millions de nuances.
De la même manière, si les structures du fonctionnement humain sont délimitables, les formes qu'elles produisent sont, elles, infinies.
Venez me montrer vos 2 heures justes que vous affichez posées sur les millions de nuances qui vous caractérise.
Une montre ne fait qu'une chose : donner l'heure.
Qu'elle soit ancienne ou moderne, à pile ou automatique, sophistiquée ou rudimentaire, toutes convergent vers une même finalité.
Et pourtant, elles sont toutes différentes.
Certaines sont précises, d'autres hésitent.
Certaines avancent, d'autres retardent.
Certaines s'arrêtent et, paradoxalement, donnent encore deux fois par jour l'heure juste.
C’est simple, et pourtant…
Le sexe, la fidélité sont simple. Pour le sexe, des corps qui se rencontre dans un consentement accompagné de 2 ou 3 règles et les corps orgasment, jouissent. Et pourtant…
La fidélité est aussi simple, deux personnes baignent dans des sentiments et de l’amour encadré dans un accord et atterrisse dans l’épanouissement et la vie à deux. Et pourtant…
Et pourtant ça orgasme mal, ça s’aime bancale. Tout est là, mais, mais, mais, mais… Voilà le cœur de l’être humain. Tout savoir, mais… Tout savoir, et pourtant…
Qu’est ce qui résiste tant ? On ressent, quelque chose n’est pas dit mais ça hurle. C’est tellement là, tellement simple, tellement su que l’on y passe à côté. C’est raté.
Le désir est mouvement. L’être humain est un sujet parlant mais qui ne sait pas parler de lui. Voilà le nœud. Quel mot reste posé sur la langue, dans le trou de votre bouche, sans se risquer à l’extérieur. Que dire alors ? L’un reste dans le trou, l’autre parle trop mais ce qui insiste sort toujours.
Est-ce que l’on peut se forcer à aimer le chocolat ou les choux de Bruxelles ?
Pourtant on essaye tous de jouir malgré… et d’aimer parce que…
Et là, il y en a des choses à Dire !
L’art de l’analyse.
Il est évident que tout cela ne sont que des mots. De belles paroles même. Le plus tragique ? Je ne vous apprends rien. Vous le saviez déjà. Et pourtant vous lisez encore. Continuons l’intrusion.
Un architecte produit un plan puis le risque dans le réel. Le réel répond toujours : contraintes, limites, matières premières, le temps, les Hommes. Le plan parfait n’existe pas longtemps. Le mal-être n’est pas une fatalité. C’est un savoir qui insiste.
La thérapie analytique n’a pas de recette. C’est un art de penser avec ce qui résiste, ce qui parle trop, ce qui dérange ou qui fait silence. C’est déplacer, manier et reprendre les mots que vous ne dites pas. En thérapie analytique, le passage à l’acte est une Parole Incarnée ! Pas une parole qui raconte seulement. Dire ce qui reste interdit au fond de soi. Retrouver la boussole capable de tenir en pleine tempête.
Bavarder, c’est souvent dire « je sais tout… mais ça ne change rien. ». Où est le sens ? Bavarder, c’est écrire des mots sans réellement se montrer. Sans investir celui qui écoute. Les mots tournent seuls. Je tiens simplement la langue assez longtemps pour que quelque chose vacille. Pour tomber dans l’ivresse du sens. Pour courir autour du trou de l’angoisse. Pour laisser le mouvement de la pensée reprendre sa puissance. Bavarder retient, parler risque.
Une séance réussie part dans tous les sens, passe de quelle heure est-il à je ne comprends pas mes sentiments pour se conclure par : Que dire de plus ? L’analyse c’est parler en funambule sur le fil de ses mots…
Prenez ma place.
Un exemple de séance
Madame « Oui » commence son récit en expliquant que, au travail c’est compliqué. Les autres ne comprennent pas, il sont, dit-elle, « bêtes ». Elle aimerait mettre en place un suivi des heures, mais rien ne tient, rien ne s’organise.
Très vite, un détail l’agace particulièrement : son assistant ne met jamais de virgules ni de points après « bonne journée » dans ses mails. Cela l’irrite profondément.
Puis, presque en souriant, elle s’interrompt : elle vient de se souvenir qu’elle a oublié d’envoyer un mail.
Un silence.
Elle reprend, mais ailleurs. Elle parle maintenant de son compagnon. Un homme intelligent, dit-elle, quelqu’un qui la comprend. Pourtant, la veille, une dispute a éclaté : il refuse de faire enlever un grain de beauté dans le dos. Les contrôles sont bons, il n’y a rien d’inquiétant, mais elle insiste. Elle voudrait qu’il l’enlèvent. Lui ne voit pas l’intérêt. Il craint la douleur, inutile selon elle.
Puis, dans un soupir, elle enchaîne sur les vacances. Elles approchent. Il faudrait les organiser. Son compagnon souhaite aller à l’océan. Elle aime l’océan, les grands espaces, cette sensation de liberté qu’elle associe à l’enfance.
Mais il y a un problème.
Le sable.
Les grains de sable entre les orteils lui sont insupportables. Elle a tout essayé : chaussures, chaussettes, différentes stratégies. Rien n’y fait. Cela gâche une partie du plaisir.
Et pourtant, elle veut y aller.
Qu’en dire…
Mme OUI à travers ces détails peut aussi être en quête de ce détail mais à l’intérieur d’elle, un détail qui ne lui convient pas ou lui donne la sensation de ne pas être réellement elle et le reproche à la terre entière
refoulement - déni - désir - mécanisme de défense - inconscient
ET/OU
Mme OUI à peut être depuis toujours voulu donner une image parfaite d’elle, rendre un travail toujours impeccable et qui lui a demandé beaucoup d’effort. Le fait que l’Autre ne le fasse pas la met en émoi !
surmoi - narcissisme - Ideal du moi & Moi idéal - désir - refoulement pulsionnel
Et vous, qu’en dites vous ?